• Madimoma

Le bien-vivre menstruel

"Le bien-vivre ? Euh... sérieusement ? Tu es sûre Marie ?"

Oui, oui je suis sûre que c'est possible. Est-ce que j'y parviens ? De plus en plus souvent, de mieux en mieux. D'abord parce que j'offre une place de plus en plus importante à mes #menstruations dans ma vie, parce qu'elles sont une part de mon cycle, lui-même une part de mon état psychique, physique et spirituel chaque jour. Ca vous semble un peu à contre-courant de ce qu'on entend aujourd'hui ? Du genre, "oubliez vos règles pendant 12 heures, portez une culotte menstruelle !" Pourtant, il me semble que c'est en accueillant nos saignements en conscience de tout ce qui se passe dans notre corps que nous pouvons les vivre mieux.







Ok, mais qu'est-ce que ça veut dire "bien-vivre" ? Est-ce que ça veut dire qu'on se défait définitivement des douleurs, des modifications de l'humeur, de la digestion perturbées, des troubles veineux, de l'acné... ? Et bien non. Pas de miracle en vue. On peut certes, améliorer les manifestations désagréables des règles (voir un prochain article) mais on ne peut pas les supprimer. Pourquuuoiiii ? Parce que les menstruations sont un phénomène naturel et sain, par lequel on se libère de l'endomètre construit pendant un cycle complet. Ceci implique des changements hormonaux et des contractions des muscles de l'utérus qui ont un impact sur le vécu global du corps.


Alors si on ne peut modifier ce qui se passe à l'intérieur, quelle marge de manœuvre nous reste-il ? Je dirais deux ! C'est touuut ? Oui mais c'est beaucoup. Nous pouvons créer un environnement propice à l'accueil de nos menstruations et modifier notre regard sur elles. C'est-à-dire ? Il me semble nécessaire d'identifier nos besoins physiques, psychiques et spirituels pendant cette période. Par exemple, vous avez besoin de calme, d'aide pour les activités du quotidien que vous réalisez facilement d'habitude, de manger plus de fibres, de boire des tisanes, ... Assurez-vous que les conditions matérielles et humaines soient en place avant l'arrivée de vos lunes. Il est nécessaire de communiquer avec les personnes qui partagent votre quotidien. Plus elles en sauront sur vos besoins, plus elles seront à même de les respecter. Un enfant qui vous sollicite pour jouer à la bagarre comprendra d'autant mieux votre refus si vous lui expliquer que vous avez besoin de calme, parce que vous avez vos règles (oui oui dites-le). Un.e petit.e ami.e comprendra votre besoin de ne pas être touché.e parce que le contact physique est irritant pendant cette période et que ça n'a rien à voir avec vos sentiments, si vous le prévenez avec des mots clairs et bienveillants. Ce peut-être le contraire bien sûr, et que vous ayez besoin de gestes tendres...






Ok mais au lycée ? au boulot ? comment modifier l'environnement quand on vit du collectif et des contraintes temporelles et spatiales ? En attendant le congé menstruel réclamé par de nombreux collectifs féministes, que faire ? C'est là qu'intervient la deuxième piste. Modifier son regard. Mouiiii... mais encore ? Un cycle est synonyme de changement, de modification, de mouvement. Vous savez que cet état dans lequel vous êtes ne durera pas. Vous pouvez donc accueillir le fait que vous ne pouvez pas faire comme d'habitude, acceptez d'être moins performant.e physiquement, moins disponible psychiquement et estimez que vous avez le droit à cette non-linéarité. Ceci implique de savoir reconnaître qu'à d'autres moments du cycle, vous êtes particulièrement efficace, présente et créative. C'est apprendre à refuser progressivement les injonctions sociétales à une performance toujours exponentielle.


Paradoxalement, savoir reconnaître ses #limites c'est s'en défaire. Je m'explique. Etre en capacité de reconnaître ce qu'on est capable de faire ou non les jours de règles, c'est se fixer des objectifs (professionnels par exemple) raisonnables et adaptés et donc ne plus se placer en situation d'échec. Ainsi, voir "plus petit" permet de se sentir plus grand.e. "Et mon patron ? Et mon prof ? Je n'imagine pas qu'ils tiennent compte de mes états d'âme..." Là encore je pense que c'est une question de capacité à poser ses limites, d'assumer ses choix. Fouillons un peu la question. Certes vous n'allez pas arriver en classe ou au travail en criant : "Salut les nazes, aujourd'hui c'est ragnagna, faites pas chier!"





Séparons déjà la situation d'élève, de la situation professionnelle. Qu'est-ce que signifie être un.e élève sérieu.x.se ? Est-ce que c'est être toujours présent.e, attentif.ve à chaque instant, répondre à toutes les questions de l'enseignant.e ? Non, c'est simplement être #autonome. C'est-à-dire connaître sa manière de mémoriser les informations, de les rechercher, de les synthétiser, de les repenser... Quel rapport avec les règles me direz-vous ? Et bien, adaptez votre manière d'apprendre aux différentes phases menstruelles vous aidera. Vous êtes capables d'aller en cours, parfait. Vous avez besoin de temps pour appliquer vos mains sur votre ventre, vous automasser doucement, vous centrer sur vous, faites-le. Vous reprendrez les notes manquées sur vos camarades après. Soyons solidaires ! Vous ne pouvez pas sortir de votre lit parce que vous avez trop mal (pensez à consulter un médecin, un gynéco ou une sage-femme pour vérifier si vous souffrez d'endométriose), c'est OK ! Prenez réellement soin de vous pendant cette journée, sans culpabilité, en mettant à distance d'éventuels reproches extérieurs, puis rattrapez dans quelques heures/jours les cours manqués. Soyez clair avec vos parents : "je ne suis pas en mesure de supporter d'être assise toute la journée dans une salle de classe. Je vais me reposer vraiment et je m'engage à rattraper les cours manquer. Je serai plus efficace comme ça." Et en effet, vous aurez choisi le repos, permis à votre corps et votre esprit de se régénérer et vous aurez d'autant plus d'énergie pour travailler. Ce léger contre-temps n'en est pas un si vous considérez qu'il s'inscrit dans un cycle et que tout s'équilibre au final. Je vous rappelle également qu'il existe des infirmeries dans les établissements scolaires, qui peuvent être un lieu de repos si nécessaire. On peut oser se saisir des aides qui sont disponibles.





Vous êtes salarié.e, c'est tout comme. "Mais non !", vous allez me dire. Si je ne travaille pas, je ne suis pas payée. C'est en effet le problème principal. Que faire alors ? Vous pouvez aller travailler ? Parfait ! Vous emportez ce qui est nécessaire à votre confort : de l'eau, une petite bouillotte sèche de poche , de l'huile essentielle d'estragon..., vous vous fixez des objectifs raisonnables pour la journée et vous avancez doucement. Vous travaillez avec du public, vous temporisez le rythme des rencontres. Vous accompagnez des personnes dépendantes, vous demandez le soutien de vos collègues et vous le rendrez à votre tour quand vous le pourrez bien sûr. Soyons solidaire ! Vous faites de la manutention, faites de courtes pauses régulièrement en utilisant la respiration abdominale... Vous travaillez pour une entité qui n'offre aucun espace/temps pour être un peu moins "performant" parfois, qui exige de vous toujours le maximum et qui consomme toute votre énergie, demandez-vous ce que vous faites là?! Qui a un tel droit sur vous ? #burnout Quand on ne peut pas quitter son travail, quand on est pris à la gorge financièrement, on peut se croire corvéable à merci et bien non. Poser ses limites, c'est quoi ? C'est faire corps avec ses collègues, réfléchir ensemble aux manières d'améliorer ses conditions de travail, s'opposer aux décisions incohérentes, harcelantes ou exploitantes. Ca demande absolument de la #sororité On peut faire appel à la médecine du travail, à son médecin traitant, on peu soutenir les personnes qui osent dire leurs besoins personnels au sein d'un collectif, quelque soit notre genre. Vous trouvez cet article un peu politique ? Il l'est. Les menstruations ont touchée, touchent ou toucheront environ la moitié de la population française. C'est à dire plusieurs millions de personnes. Ca ne peut pas être minimisé, oublié ou simplifié. Ca demande des vraies actions de #santépublique, d'amélioration des conditions de travail, d'informations... Impliquons-nous !




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