• Madimoma

Comment se réapproprier sa sexualité après son accouchement ?

Ce n'est certes par la première question qu'on se pose après la naissance de son ou ses enfants, mais c'est une idée qui nous traverse la tête à un moment ou un autre. En ai-je envie ? Quand est-ce possible ? Comment faire ? Des interrogations parfaitement légitimes.





Il me semble d'abord primordial de se questionner sur l'origine de ce désir de "reprise". Ai-je envie ? Comment est ma libido ? Comment vont mon corps, mon sexe, mes seins... ? Comment est mon moral ? Est-ce que mon/ma partenaire en a envie ? Est-ce que mon/ma partenaire insiste ? Cette liste à checker vous amène à penser votre propre consentement à cette sexualité qui renaît. Si on doit retenir une chose, c'est qu'il faut s'écouter avant de faire quoi que ce soit. Et ce n'est pas si évident lorsqu'on s'occupe d'un.e nouveau-né.e, qu'on emploie chaque minute de sa journée à s'assurer qu'iel ait se dont iel a besoin.


Il existe une injonction sociétale actuelle qui dit : soyez une mère au plus près des besoins de votre enfant et une femme épanouie. Certes, mais ça ne veut pas dire qu'on peut "assurer" sur tous les plans en même temps, à chaque instant. Tout n'est pas toujours en équilibre. On peut vouloir utiliser notre tout petit temps libre de jeune maman pour lire quelques pages d'un livre ou regarder un épisode de notre série préférée mais ne pas être prête pour reprendre le sport, le jardinage, les restaurants, le travail, le scrapbooking et le sexe ! Chacun.e place ses priorités en fonction de ses besoins, de ses possibilités.





Il est donc nécessaire, si vous êtes en couple, de communiquer. Vous pouvez partager vos besoins, vos désirs, vos appréhensions autour de la sexualité. Vous ne pouvez pas dire quand vous vous sentirez prêt.e ? Votre partenaire doit l'accepter. Parfois, la pression de l'autre vient du fait qu'iel confond désir, amour, estime de soi. On peut se sentir moins aimé, moins important parce que l'autre ne nous désire pas. Vous pouvez inviter votre partenair.e à se poser ces questions. Vous pouvez le/la rassurer sur le fait qu'iel compte pour vous mais que l'amour ne se mesure pas à l'importance de la libido. C'est crucial. Ne faites l'amour pour aucune autre raison qu'un fort désir mutuel.





Si vous en avez envie, alors voici quelques astuces pour faciliter les retrouvailles. D'abord, trouvez un moment propice. Le fait d'être stressé.e par l'idée que votre enfant se réveille n'est pas favorable à la disponibilité sexuelle. Si vous avez la chance de pouvoir le faire garder quelques heures, profitez-en. Sinon repérez les moments où vous avez un peu de temps et où votre désir est présent. Pas simple, hein ?




Ensuite, en fonction de vos goûts, de l'état de santé de votre corps, vous pouvez commencer par faire l'amour sans pénétration. Vous pouvez privilégier de simples caresses, un massage, du sexe bucco-génital... Bien sûr, vous êtes libres et vous vous connaissez. Retrouver le chemin du plaisir par des voies douces, dans un environnement sécure, facilite la reprise du sexe et la montée de la libido. S'il y a la moindre douleur, dites-le. Vous êtes en droit d'arrêter un rapport, même s'il est commencé. Focalisez-vous sur les sensations agréables, respirez. Votre corps a changé, momentanément vos seins sont peut-être plein de lait, votre périnée tout mou, votre vagin tout sec. Exprimez ce que vous ressentez à votre partenaire vis-à-vis de ces changements. Ils sont normaux et vos émotions sont toutes légitimes





Je vous recommande vivement d'utiliser du lubrifiant intime (à base d'eau) afin d'améliorer le confort de votre sexualité. On ne le dit pas assez à la sortie de la maternité. La lubrifiant est votre ami :) Je me permets même de penser que vous aurez du mal à le quitter après ;) Si vous utilisez des préservatifs comme moyen de contraception, il est d'autant plus nécessaire.


Pour avoir l'esprit parfaitement tranquille, si vous ne souhaitez pas d'autre enfant, parlez de contraception en amont. C'est une charge mentale qui peut être partagée dans le couple. Vous pouvez demander conseil à votre médecin traitant, une sage-femme ou un.e gynécologue.


Enfin, si vous êtes envahi.e de questions autour de la sexualité, que vous ne parvenez pas à bien communiquer avec votre partenaire, osez demander de l'aide à un.e sexologue. Iels sont formé.e.s à une écoute bienveillante, à une sexualité inclusive, consentie, aux pathologies physiques et psychiques. Iels peuvent être d'excellent.e.s guides. La gêne de parler de sa sexualité diminue vite. Plus on en parle, plus c'est facile.





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